mardi 30 août 2016

Tourniqueti, tourniqueton


Tympan de l'entrée de l'église de Conques, représentant le jugement dernier. Les bons sont récompensés à droite, les méchants punis à gauche (sinister). 
Vajrapāṇi l’Indien, disciple d’Advayavajra/Maitrīpa est l’auteur d’un commentaire du Sūtra du Cœur (dont la traduction française fera l’objet d’une publication future). Vajrapāṇi y présente un concept intéressant des expédients (upāya), qui ne sont « ni vrais ni faux ». Ils appartiennent au domaine de la vérité superficielle et « tant que l'on ne les déconstruise (tib. brtags) pas ils sont semblables à une illusion. Ils peuvent être plaisants (tib. nyams dga' ba sct. ramaṇīya) et « sans fausseté (tib. mi brdzun sct. amithyatva) . » Ou déplaisants, voire repoussants.
« Au fond, le dégoût (sct. udvega) est de l'aversion (tib. zhe sdang sct. dveṣa) et l'enthousiasme (sct. utsāha) c'est de l'avidité (tib.'dod chags sct. rāga). »
Tant que l’on est sujet aux notions de plaisant et de déplaisant, on peut être manipulé, y compris par des expédients (upāya). Tant que l’on répond à la manipulation du bâton (daṇḍa) et de la carotte, les expédients ont une prise sur nous.
« C'est pourquoi la loi du karma et la maturation des actes passés (sct. vipāka), qui ne sont pas faux (tib. mi brdzun sct. amithyatva), ont été enseigné aux personnes motivées par le dégoût (sct. udvega) et/ou l'enthousiasme (sct. utsāha).
Pour les personnes de qualité qui voient la vérité, il a été enseigné dans les Paroles du Bouddha qu'il n'y a pas de karma du point de vue ultime et pas non plus de maturation des actes. »
Un des expédients favoris le plus en vogue dans les religions semble être d’origine zoroastrienne. « Dans la doctrine de Zoroastre, chaque personne répond de ses actes en vertu de la nature de son « Fravahr » l'équivalent du karma hindouiste. » « Les zoroastriens admettent une vie après la mort et un jugement des âmes ; chaque être humain étant jugé selon ses mérites. Le fravahr est un des symboles de la doctrine de Zoroastre : c'est l'esprit de l'homme préexistant à sa naissance et qui perdurera après sa mort et il ne peut se substituer à ce Dieu. Si les bonnes actions l'emportent sur les mauvaises, l'âme va dans la Maison des Chants par un pont au-delà duquel l'attend le Seigneur de la Lumière. Dans le cas contraire, il s'agit d'un voyage jusqu'à la Maison du Druj. La Maison des Chants (le Paradis) est éternelle, mais pas la Maison du Druj (l'Enfer) dont la durée est limitée (Gathas, Yasna 30:11). Ainsi, comme le dit le Yasna 30:11, après le temps effectué dans la Maison du Druj (qui n'est pas précisé), tous les êtres « punis » vont au Paradis. » (Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoroastrisme)

La roue des existences à l'entrée d'un temple bouddhiste dans la vallée de Sangla (Himachal Pradesh)
A noter le rôle des Druj dans la Maison des Druj."Druj est, en langue avestique, un terme féminin signifiant mensonge, et est un concept opposé à l'asha (aša)." Dans la réforme zoroastrienne, les dieux anciens (daeva) deviennent des faux dieux ou des dieux à rejeter. Dans les Avestas plus tardifs, ils deviennent des dieux nuisibles à l'origine du chaos et des désordres. Ce sont ces dēws ou Druj qui punissent les méchants dans l'Enfer. Autrement dit, dans la réforme zoroastrienne les anciens dieux sont fourgués dans l'Enfer, tandis que Ahura Mazdâ est mis en avant comme le principe du Bien (monothéisme). Il s'ensuivent les dualismes Bien-Mal, Ciel-Terre, Lumière-Ténèbres, Esprit-Matière, Un-Multiple, Actif-Passif, Masculin-Féminin... qui ont la vie longue et dont le Bouddha et Pyrrhon ont tenté de se mettre à l'abri.



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