mercredi 11 mars 2015

Génèse de la danse Vajra ?


" Et mes droits d'auteur ?..."
Contrairement au projet théosophique intéressé principalement par le corps subtil, Georges Gurdjieff s'intéressait plus à l'intégration du corps "grossier".[0] Pendant sa longue quête racontée dans Rencontres avec des hommes remarquables, Georges Gurdjieff, aurait réussi à mettre la main sur un parchemin écrit par le Père Telvant, qui raconte de l’existence de la fraternité de Sarmoung[1]. On disait que cette école possédait une science formidable, donnant accès à de nombreux mystères secrets.[2] Le voyage vers Sarmoung commenca à Bokhara, au nord d’Afghanistan sur la route de la soie. C’est à dos de cheval que Gurjieff et Soloviev y furent menés, les yeux bandés pour garder secret l’endroit. Tout semble symbolique dans ce yoyage, la traversée d’un pont périlleux, le monastère avec ses trois cours, exotérique, mésotérique et ésotérique, selon Moore[3]. Et c’est là que Gurdjieff aurait appris le secret des danses sacrées (“mouvements”) et de l’ennéagramme (yantra).


En 1922, il s'installa au Prieuré d'Avon, au cœur de la forêt de Fontainebleau, près de Paris, pour guider ses disciples vers la conscience de soi à travers les mouvements et l’ennéagramme. Rene Daumal, également disciple de Gurdjieff, deviendra un grand expert et un professeur des danses sacrées[4].


En janvier 1924, Gurdjieff va pour la première fois aux Etats-Unis et présente les « mouvements » au Leslie Hall de New York, ce qui lui vaut un grand succès. Il aura de nombreux disciples américains, A.R. Orage, John Bennet, Paul Anderson (1897–1983), ultérieurement promu « American secretary » dans une boutade de Gurdjieff. Ce dernier devait continuer l’œuvre de Gurdjieff indépendamment de la fondation Gurdjieff de New York avec un groupe d’élèves. 

Paul Anderson
Vers la fin de sa vie, Anderson s’intéressait au bouddhisme, rencontra des lama tibétains (Dodrupchen Rinpoche né en 1927 et Namkhai Norbu né en 1938), noua des amitiés avec eux (notamment Namkhai Norbu) et entretenait des relations proches avec le Maha Siddha Nyingmapa Center à Hawley, Massachusetts. Anderson était l’auteur de quatre conférences sur le temps (mai et juin 1975), et Namkhai Norbu lui avait par ailleurs dédicacé The Cycle of Day and Night[5] (1984).[6]
Dédicace en tibétain de la main de Namkhai Norbu
Anderson avait réorganisé son groupe dans le but d’un rapprochement de Maîtres bouddhistes, plus particulièrement de la tradition vajrayāna tibétain. En 1982, il invita Namkhai Norbu pour venir enseigner le Dzogchen à Conway. Dans le cadre d’une reconnaissance mutuelle, le groupe de Conway s’est mis sous la direction de Namkhai Norbu et a attiré des étudiants de divers bords. Paul Anderson mourrut en février 1983, après avoir laissé ses étudiants sous la direction de Namkhai Norbu. Une des activités principales du groupe de Conway jusqu’à la fin des années 70 étaient justement les “mouvements” de Gurdjieff.[7]

Danse Vajra dans le Mandala Hall de Tsegyalgar
Le groupe était établi dans une ancienne ferme à Conway, Massachusetts, mais en grandissant, on décida en 1988 d’acheter un terrain de 60 acres à Buckland, Massachusetts, qui deviendra le centre dzogchen “Tsegyalgar” (རྩེ་རྒྱལ་གར) de Namkhai Norbu. En automne de l’année 1990, en faisant une retraite dans un cabanon fraîchement construit sur ce terrain, Namkhai Norbu eut une série de rêves dans laquelle des dakini lui montrèrent comment faire des danses sacrées sur un maṇḍala, la fameuse danse Vajra.[8] Le nom Tsegyalgar (tib. rtse rgyal gar) signifie d'ailleurs Sommet (rtse) de la Danse (gar) des Vainqueurs (rgyal).

John Bennett, autre ancien élève de Gurdjieff, s’était installé à Sherbourne en Angleterre, où il donne des cours. Il avait reféré des jeunes américains à la recherche des danses, à Paul Anderson, et c’est ainsi que le groupe de Conway avait débuté. Une des élèves de John Bennet, Margit Martinu, était devenue l’étudiante d’Anderson par la suite et finalement un disciple de Namkhai Norbu. Elle a conçu le projet de montrer les “mouvements” de Gurdjieff au centre de Tsegyalgar, dans le hall du maṇḍala.

Pour en savoir davantage sur Gurdjieff et le Tibet, lire le blog de Dan Martin Good Grief! Gurdjieff in Tibet? Dan y mentionne la connexion entre Gurdjieff et Namkhai Norbu dans un commentaire.
.


[0] Gurdjieff a biography, The Anatomy of a myth, James Moore, p. 74

[1] “Their organisation actually did exist near the town of Siranoush, and fifty years ago, soon after the migration of peoples, they also migrated and settled in the valley of Izrumin, three days journey from Nivssi....”

[2] This school was said to have possessed great knowledge, containing the key to many secret mysteries

[3] Gurdjieff a biography, James Moore, p. 32

[4] René Daumal l’archange, Jean-Philippe de Tonnac, p. 232

[5] The Cycle of Day and Night, by Namkhai Norbu. Translated, edited and annotated by John M. Reynolds, Oakland, CA: Zhang Zhung Editions, 1984. 80 pages, 2 glossaries, Tibetan text, biography of the author

[6] Source

[7] Source

[8] Source

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...