jeudi 8 janvier 2015

Les six versets du Naturel (Sahajaṣaṭaka) d'Advayavajra



En langue indienne : Sahajaṣaṭaka
En tibétain : lhan cig skyes pa drug pa
En français : Les six versets du Naturel

Hommage au détenteur du Foudre (scr. vajradhara)

1. L'essentiel (scr. tattva) avait été expliqué par les Bienheureux
Comme étant la liberté des extrêmes de l'éternalisme et du nihilisme.
Au sujet de choses engendrées naturellement
Certains ont parlé en long et en large en termes de démonstration (scr. sadhaka) ou d'exclusion (scr. apoha)

2. On les appelle ceux-qui-croient-que-tout-existe (scr. sarvāstivādin)
Tandis que ceux qui avancent que rien n'existe en dernière analyse
Sont appelés ceux-qui-croient-que-rien-n'existe (scr. nāstikavādin).
Mais en dernière analyse, tout existe[1].

3. En fonction des dénominations fictives (scr. prajñapta) que l’on suit
L'essentiel (scr. tattva) sera intégré conformément[2]
Mais en fonction de ces mêmes dénominations fictives
Cette réintégration sera détruite[3]

4. Car le Naturel (scr. sahaja) ne se fabrique pas.
C'est parce que l'absence de crainte est naturelle
Que le Naturel n'est pas autre que la plénitude
Et la plénitude a pour caractéristique d’être absence de crainte.

5. Comme [la plénitude] est une intelligence, le soi sans crainte
Qui y accède sans s’en dissocier est efficace (scr. sādhu).
Celui qui accède à la reconnaissance du multiple
Disparaît dans l'océan du Naturel.[4]

6. Celui qui réintègre l'essentiel des mantras
S'investit entièrement dans le principe de l'absence de crainte
Et l'existence même sera son Maître
Qui lui révèlera cet objet de l'absence de crainte.

Les six versets du Naturel ont été composés par maître (scr. guru) Maitrīpa. Ils ont été traduits par le maître (scr. upādhyāya) indien Vajrapāṇi et le traducteur tibétain bhikṣu Mtshur jñānākara[5].

***

[1] Tout existe comme une réalité nominale (scr. prajñapta)

[2] La réalité telle que l’on se la figure et telle qu’on l'actualise se réalisera conformément.

[3] Car engendré par des moyens artificiels

[4] Comme le soleil qui se couche dans la mer

[5] Revu par le traducteur attitré d’Atiśa, rgyal ba tshul khrims.

Texte tibétain (Wylie)

rgya gar skad du/ sa ha dza ṣa ṭa ka/
bod skad du/ lhan cig skyes pa drug pa/

rdo rje 'dzin pa la phyag 'tshal lo//

1. rtag dang chad las nges grol ba//
de nyid bder gshegs rnams kyis bzhed//
rang bzhin las skyes chos rnams la//
sgrub dang sel bar phyug ni brjod//

2. yod par smra ba rnams la brjod//
thams cad rnam par dpyad na med//
med par smra ba la brjod pa//
rnam par dpyad na thams cad yod//

3. ji lta ji ltar sgro btags pa//
de nyid rnal 'byor pa rnams skye//
de lta de ltar sgro btags pa//
rnal 'byor de nyid kyis ni 'joms//

4. gang phyir lhan cig skyes ma bcos//
de phyir dogs med lhan cig skyes//
bde las lhan cig skyes gzhan min//
bde ba dogs pa med mtshan nyid//

5. shes phyir dogs pa med pa'i bdag//
dbyer med rtogs pa dam pa ste//
sna tshogs rang rig rtogs byas pas//
lhan cig skyes pa'i rgya mtshor nub//

6. sngags kyi de nyid rnal 'byor pa//
dogs med don la rab tu gnas//
srid pa yang ni bla mar byas//
dogs pa med pa'i yul 'di ston//



lhan cig skyes pa drug pa bla ma mai tri pas mdzad pa rdzogs so////rgya gar gyi mkhan po badzra pā ṇi dang / bod kyi lo tsā ba mtshur dge slong dzha na a ka ras basgyur ba'o//

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