dimanche 4 novembre 2012

L'absence de pensée


i,28
Le prince de Sseu-lao demanda :
L'absence de pensée est-elle un objet de culture pour les profanes ou pour les Saints (ārya) ? Si c'est une méthode à l'intention des Saints, pourquoi inciter les profanes à la cultiver ?
—  L'absence de pensée est une méthode à l'intention des Saints, mais si les profanes la cultivent, ils ne sont plus dès lors des profanes.
— Cette absence, de quoi est-elle l'absence et cette pensée, de quoi est-elle la pensée ?
—  Cette absence est, comme on l'entend d'habitude, l'absence d'être (de déterminé) et cette pensée est l'unique pensée de l'absolu (tathatā).
—  Quelle différence y a-t-il véritablement entre cette pensée et l'absolu ?
— Il n'y en a pas.
—  S'il n'y en a pas, pourquoi parler de la pensée de l'absolu ?
—  Pensée, ici, veut dire activité de l'absolu et absolu substance de la pensée. C'est en ce sens qu'on établit l'absence de pensée comme [fondement de la] doctrine. Si on voit l’absence de pensée, même au milieu des impressions réunies de la vue, de l'ouïe, de la perception et de la connaissance, on reste dans une vacuité et une quiétude constantes.»
Entretiens du Maître de dhyāna Chen-houei, Jacques Gernet, pp. 51-52

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