mardi 6 mars 2012

Dharma, le coeur des religions



"Le coeur du bouddhisme correspond au coeur des autres religions"
"Le but final de toutes les religions, on peut l'appeler 'libération', 'liberté spirituelle' [...] Ce qu'on appelle par exemple 'vimutti', 'vimokkha' ou 'nibbāna', tout cela se trouve dans les autres religions et, qui mieux est, avant même le bouddhisme. Si les détails varient, le but est identique en ce qu'il concerne la libération des passions (kilesa) et des souffrances qui en résultent."
"Là où il y a extinction de la Souffrance, là est la religion : chez soi, dans la forêt, dans les grottes, dans les montagnes. Point besoin de pagodes. Ce n'est pas nécessairement réservé aux bonzes et aux novices. S'ils mettent le Dhamma en pratique, les villageois possèdent la religion chez eux parce que la religion proprement dite ne réside que dans l'extinction de la Souffrance. Pour soutenir la religion, il faut donc soutenir l'apparition de l'extinction réelle de la Souffrance."
"[Le Dhamma] ne peut être ni thaï, ni chinois, ni indien, ni occidental, ni bouddhiste, ni chrétien, ni musulman." 
"Dhamma désigne la religion authentique et non son écorce. 'Dhamma' ou 'religion' désignent en effet ce qui éteint la Souffrance, ce qui est effectivement en train de l'éteindre. Il ne s'agit pas de rites et des cérémonies, ni de la lettre, ni des Écritures, ni de quoi que ce soit d'analogue. C'est obligatoirement l'extinction de la Souffrance proprement dite du Pratiquant lui-même. Là où actes, paroles, pensées sont ordonnées à l'extinction de la Souffrance, là est la religion."
"Si les gens agissaient conformément à ces objectifs, ils tireraient profit de leur religion puisque toutes permettent de transformer immédiatement notre monde en celui de Ariya Metteya (Arya Maitreya), ici et maintenant. Et s'ils n'apparaît pas encore pour tout le monde, du moins se réaliserait-il individuellement."
[Gabaude pp. 393-395]
L'équivalence des religions que mettait en avant Buddhadasa n'était pas une posture. Il prend soin "de n'ordonner jamais de moine occidental, prétextant les arguties du régime d'immigration qu'il ignore".
"Quand des bonzes occidentaux sont en Thaïlande depuis peu, ils manifestent une sorte de fierté : 'Regardez ! je suis un occidental et me suis fait bouddhiste. J'ai pris l'habit jaune!' Je leur dis : 'C'est insensé ! si vous aviez vraiment été chrétien, vous n'auriez pas eu besoin de vous faire bonze parce que le vrai chrétien supprime son égoïsme et que vous n'auriez pas eu besoin de vous convertir au bouddhisme, de perdre du temps à changer de religion.' C'est qu'ils se fâchent et me prennent à partie !"
[Gabaude, p. 370] 
***

Citations de : Une herméneutique bouddhique contemporaine de Thaïlande : Buddhadasa Bhikkhu, par Louis Gabaude, 1988, Paris, EFEO (PEFEO, 150).


1 commentaire:

  1. Bonjour,
    Merci je ne connaissais pas ce Buddhadasa et ce texte. C'est toujours agréable de lire que tel ou tel représentant d'une tradition à la coeur assez large pour ne pas exclure (autrui ou en exclure d'autre). Je dis agréable et non pas surprenant parce que c'est l'inverse qui me surprend sans cesse (surtout à l'heure actuelle ou l'on peut avoir accès à différents textes ou enseignements authentiques - ce qui n'a pas toujours été le cas).

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